1. C’est le septième jour de Soukkot

La fête de Soukkot se compose de deux jours de fête, suivis de cinq jours intermédiaires (appelés ‘hol hamoed), puis de deux autres jours de fête. (Ces deux derniers jours, Chemini Atséret et Sim’hat Torah, ne font pas à proprement parler partie de Soukkot, mais constituent une fête indépendante.1)

Le septième jour de Soukkot — qui est le dernier jour de ‘hol hamoed — est appelé Hochaana Rabba. Bien qu’il ne soit pas aussi connu que d’autres dates du calendrier juif, c’est une journée haute en couleur, mêlant des tonalités contrastées et des thèmes en apparence opposés. C’est en quelque sorte une « capsule de Tichri », rassemblant des éléments de toutes les fêtes de ce mois.

2. Nous effectuons sept tours avec les quatre espèces

Chaque jour de Soukkot, après la prière du Hallel, nous tenons notre ensemble des Quatre espèces et faisons le tour de la bimah (l’estrade depuis laquelle on lit la Torah), en récitant les Hochaanot (voir point suivant). Hochaana Rabba se distingue par les sept tours autour de la bimah, au lieu d’un seul les autres jours.

3. Son nom signifie « Nombreuses [prières de] délivrance »

En tournant autour de la bimah avec le loulav et l’étrog, nous récitons les Hochaanot — des prières dans lesquelles nous supplions D.ieu de nous protéger du mal et de nous accorder une pluie abondante ainsi qu’une subsistance généreuse. Chaque jour de Soukkot (sauf Chabbat), une prière différente, propre à ce jour, est récitée.

À Hochaana Rabba, nous répétons toutes les Hochaanot récitées durant Soukkot, ainsi que de nombreuses autres prières du même thème. Le nom « Hochaana Rabba », qui signifie « Nombreuses [prières de] délivrance », décrit bien cette profusion de supplications.

À lire : Hochaana Rabba

4. Elle comporte une coutume millénaire

Après avoir terminé les Hochaanot, chacun prend un bouquet de cinq aravot (rameaux de saule) et les frappe cinq fois sur le sol. La coutume de prendre des aravot à Hochaana Rabba est très ancienne ; elle fut instituée par les trois derniers prophètes — ‘Haggaï, Zekharia et Malakhi — vers l’an 3440 (environ 360 avant l’ère commune).

Selon la Kabbale, il existe cinq niveaux de rigueur céleste, lesquels sont « adoucis » ou tempérés lorsque nous frappons les cinq rameaux de saule.

5. C’est le dernier jour du jugement

D.ieu nous juge à Roch Hachana, scelle le jugement à Yom Kippour et le finalise à Hochaana Rabba. Oui, vous avez bien lu : si D.ieu fixe le destin de chaque créature à Roch Hachana et à Yom Kippour, c’est à Hochaana Rabba que Son jugement est définitivement arrêté.

Hochaana Rabba regorge de coutumes qui reflètent cette dimension, conférant à la journée un mélange unique de gravité et de joie (car, après tout, elle fait aussi partie de Soukkot, la fête de la réjouissance).

6. Nous veillons toute la nuit

L’une de ces coutumes consiste à rester éveillé toute la nuit pour lire des passages des Écritures. Certains lisent l’intégralité du Livre du Deutéronome durant la première moitié de la nuit, puis celle du Livre des Psaumes après la mi-nuit. Dans certaines synagogues, on distribue des pommes sucrées trempées dans le miel, que les fidèles consomment pendant la lecture des Tehilim, rappelant la première nuit de Roch Hachana.

7. C’est une petite fête

Hochaana Rabba est considérée comme une petite fête — pas tout à fait comme les deux premiers jours de Soukkot, mais plus festive que les quatre jours intermédiaires précédents. On s’abstient de travailler jusqu’à la fin de l’office ; on partage ensuite un repas de fête, et dans certaines communautés, on porte le kittel pendant la prière, comme à Yom Kippour.

Dans de nombreuses familles ashkénazes, on mange des kreplach, raviolis farcis de viande, généralement servis dans la soupe.

8. Dernier jour où l’on trempe dans le miel

En plus de tremper la pomme dans le miel à Roch Hachana, certaines familles trempent aussi la ‘halla dans le miel, continuant à le faire durant les jours et semaines suivants. Cette coutume se conclut sur une note douce à Hochaana Rabba, lorsque D.ieu appose Son sceau final pour accorder à chaque Juif une année douce et bénie.

À lire : Doux comme une piqûre d’abeille?

9. Dernier jour du Psaume 27

Dans certains rites de prière (notamment celui de ‘Habad), c’est aussi le dernier jour où l’on récite LéDavid Hachem Ori (Psaume 27), récité depuis le début du mois d’Eloul. D’autres continuent de le dire un jour de plus, jusqu’à Chemini Atséret.

À lire : Pourquoi récite-t-on LéDavid à cette période de l’année ?

10. Dernier jour où l’on prend le loulav

Comme chaque jour de Soukkot, nous tenons les Quatre espèces à Hochaana Rabba — cette fois avec une émotion particulière, conscients que c’est la dernière occasion d’accomplir cette mitsva avant l’an prochain.

Bien que les repas du lendemain soient également pris dans la soukkah (en diaspora), Hochaana Rabba est le dernier jour où l’on récite la bénédiction léchev bassoukkah, dite en mangeant dans la soukkah.

À lire : Qu’est-ce qu’une soukkah ?

11. Elle est suivie de deux jours de danses

Hochaana Rabba ne s’achève pas dans le calme ni la sobriété. Elle se prolonge directement dans Chemini Atséret, puis Sim’hat Torah, deux jours de réjouissances et de danses ininterrompues, marquant à la fois la conclusion et la reprise du cycle annuel de lecture de la Torah.

Dans de nombreuses communautés, il est d’usage de commencer les réjouissances et les danses de Sim’hat Torah dès Chemini Atséret. Lorsque la soirée de Hochaana Rabba cède la place à la nuit, on célèbre les hakafot, durant lesquelles on sort les rouleaux de la Torah de l’Arche pour les porter en procession autour de la bimah, accompagnés de chants et de danses enthousiastes.